Le clitoris

Crédit photo Creative Commons Marie Docher

A l’œil nu, le clitoris est tout petit, tel un bouton. D’ailleurs, certains hommes ont un peu de mal à le trouver, puis à ne pas le perdre… Mais ce n’est là que la partie visible du clitoris, qui cache une partie beaucoup plus importante et invisible, qui constitue sa partie interne.

Le « bouton » n’est en effet que le gland du clitoris, équivalant du gland du pénis, tout en possédant plus de terminaisons nerveuses que ce dernier, ce pour quoi il est particulièrement sensible à la stimulation et source potentiel d’orgasme. Le clitoris a en effet la même origine embryonnaire que le pénis, la différence de développement tenant à la présence ou non du chromosome Y, ou plus précisément du gène SRY, qui oriente la formation morphologique de l’appareil génital à partir de la 8e semaine de gestation, par l’évolution des gonades du fœtus en testicules amenant à la production de testostérone. Sous l’influence de celle-ci, le canal de Wolff est stimulé, et se développe l’appareil sexué mâle. Sans le gène SRY, les gonades du fœtus évoluent en ovaires, le canal de Müller croît et l’appareil sexué femelle se développe.

A l’instar du pénis, le clitoris présente des corps caverneux et spongieux. Les corps caverneux composent les racines internes du clitoris, au nombre de deux, et situées de part et d’autres du vagin. Elles mesurent une dizaine de centimètres. Le corps spongieux, lui, constitue les bulbes du vestibule, eux aussi de part et d’autre du vagin et traversés, comme pour le pénis, par l’urètre. Le clitoris, par ailleurs, est érectile. Il possède également un frein et un prépuce. Cet organe est donc loin de se réduire à sa partie visible de moins de 1 centimètre.

Après avoir été longtemps ignoré au point de ne pas apparaître dans certains manuels d’anatomie ou d’être représenté sans sa partie interne, il bénéficie aujourd’hui d’une publicité plus large. Ainsi récemment en France, Odile Fillod, une chercheuse en sociologie des sciences, et Mélissa Richard, médiatrice au Fab Lab de la Cité des sciences et de l’industrie, ont travaillé sur un projet de modélisation du clitoris en 3D en entier et à taille réelle, incluant un fichier utilisable pour des impressions 3D grandeur nature qui peut être utilisé à des fins pédagogiques.