Dispositif intra-utérin : au-delà des idées reçues

Crédit photo Creative Commons Sarahmirk

Moyen de contraception plus communément connu sous le nom mal choisi de « stérilet », le dispositif intra-utérin (DIU) souffre d’une mauvaise réputation du fait d’un certain nombre d’idées fausses à son sujet, alors qu’il s’agit de l’un des moyens de contraception les plus sûrs à ce jour pour éviter les grossesses non désirées.

Le DIU est un dispositif généralement en forme de T qui se place dans l’utérus. Il en existe deux types : au cuivre, et hormonal.

Le DIU au cuivre

Le cuivre a un effet spermicide, d’où son utilisation pour un dispositif contraceptif. Il existe différentes tailles de DIU au cuivre, le plus petit étant recommandé pour les femmes nullipares, c’est-à-dire n’ayant jamais eu d’enfants (la pose est plus facile pour les utérus des femmes nullipares). Selon les modèles, ce dispositif peut être laissé en place jusqu’à 10 ans. D’après les données publiées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le taux de femmes ayant une grossesse non intentionnelle la première année d’utilisation (aux États-Unis) est de 0,8%, alors qu’il est de 9% avec la pilule (oubli de la prise, problèmes gastriques…).

Le DIU au cuivre peut également être utilisé comme moyen de contraception d’urgence après un rapport sexuel non protégé. En effet, grâce au cuivre, les risques de grossesse s’en trouvent considérablement réduits.

Enfin, le dispositif au cuivre présente l’avantage de ne pas recourir à des hormones de synthèse, qui peuvent avoir des effets secondaires indésirables plus ou moins importants selon les femmes.

Le DIU hormonal

Le DIU hormonal dispose d’un petit réservoir qui diffuse une hormone progestative en petites quantités pendant 5 ans. Il fonctionne selon le même principe d’action des autres contraceptifs progestatifs, en agissant sur les sécrétions du col de l’utérus qui font alors barrage aux spermatozoïdes. Selon les données de l’OMS, son efficacité est encore supérieure au DIU au cuivre, avec seulement 0,2% de grossesses non intentionnelles.

Pas de risques spécifiques de stérilité

Le DIU a longtemps été appelé « stérilet » et l’est encore souvent. Il doit ce nom au fait que lui ont été attribués des cas d’infections au niveau de l’utérus et des trompes de Fallope ayant conduit à une stérilité parmi ses premières utilisatrices dans les années 1950 et 1960. Or, des études réalisées depuis ont montré qu’il n’y avait en fait pas de lien de causalité entre l’utilisation du DIU et ces infections, dans la mesure où il n’y avait finalement pas plus de femmes ayant contracté ces infections parmi ses utilisatrices que parmi les utilisatrices d’autres moyens de contraception.

La croyance en un risque accru de stérilité avait conduit à proscrire la pose d’un DIU aux femmes nullipares. Cette interdiction n’a aujourd’hui plus lieu d’être, et elle a été levée en France en 2004. Les médecins n’ont donc pas à vous en refuser la pose au motif que vous n’avez pas eu d’enfant jusqu’alors.

Pour en savoir plus sur les DIU (et les autres moyens de contraception), je vous recommande la page du médecin Marc Zaffran, également connu sous le pseudonyme de Martin Winckler.