La vasectomie : une contraception masculine définitive ?

Crédit photo Creative Commons K. D. Schroeder

Contrairement aux femmes, les hommes disposent de peu de moyens de contraception. La vasectomie est l’un de ces moyens, qui présente toutefois la particularité, par rapport aux autres moyens de contraception possibles, de consister en une stérilisation qui peut être irréversible.

Une intervention chirurgicale simple

Légale en France pour les personnes majeures depuis 2001, où elle reste bien moins répandue qu’aux États-Unis, au Canada ou en Grande-Bretagne par exemple, la vasectomie est une intervention chirurgicale généralement sous anesthésie locale, qui dure une vingtaine de minutes. Elle consiste, selon diverses techniques possibles (ligature, excision, cautérisation…), à obstruer les canaux déférents. Ces derniers transportent habituellement les spermatozoïdes produits par les testicules vers la prostate et les vésicules séminales. L’occlusion de ces canaux empêchent alors l’acheminement des spermatozoïdes.

Après l’opération, il faut compter trois à quatre mois pour que les spermatozoïdes qui logeaient dans les canaux déférents avant l’intervention soient évacués suite à des éjaculations répétées. Pour s’assurer de l’absence totale de spermatozoïdes, il faut réaliser une analyse du sperme en laboratoire (spermogramme).

Quels impacts sur la sexualité ?

Si la vasectomie affecte la fécondité, elle n’affecte pas organo-physiologiquement la sexualité. Ainsi, elle ne consiste pas en une castration (les testicules ne sont pas concernées par l’opération), le fonctionnement de l’érection n’est pas touché, et l’homme opéré continue d’éjaculer. Seulement, son éjaculation est dépourvue de spermatozoïdes. Elle continue en revanche d’être constituée d’autres sécrétions du sperme, qui composent habituellement le milieu nourricier des spermatozoïdes (sécrétions des glandes de Cowper, sécrétions prostatiques, liquide des vésicules séminales).

Un impact psychologique est possible, selon les hommes. Certains hommes peuvent se sentir atteints dans leur virilité, associant faussement la vasectomie à une forme de castration. D’autres en revanche se sentiront mieux dans leur sexualité, ne vivant plus avec l’angoisse de la fécondation non désirée.

Une stérilisation irréversible ?

La vasectomie peut être considérée comme irréversible, dans la mesure où l’intervention sur les canaux déférents ne peut être annulée. Toutefois, une intervention chirurgicale qui consiste à « recoudre » ou reperméabiliser les canaux est possible. Celle-ci s’appelle la vaso-vasostomie. L’efficacité de cette opération dépend de multiples facteurs, comme l’âge, la technique de vasectomie employée, le nombre d’années qui séparent la vaso-vasostomie de la vasectomie. Selon le document de synthèse sur l’évaluation des techniques de stérilisation publié en 2005 par la Haute Autorité de Santé française (HAS), le taux de grossesse après une vaso-vasostomie se situe entre 40 et 50% seulement. Il est donc préférable d’être sûr de son choix. La conservation de sperme avant l’intervention peut également être envisagée pour une éventuelle fécondation in vitro ultérieure.