Les papillomavirus humains

Papilloma Virus Humain (National Institutes of Health, USA)

Les papillomavirus humains (HPV) sont des virus infectant les cellules épithéliales de la peau ou des muqueuses, touchant les hommes et les femmes. Certaines variétés peuvent toucher le col de l’utérus, les muqueuses anales et oro-pharyngées, et provoquer des cancers de ces régions du corps.

Comment se transmettent les virus ?

Certaines variétés se transmettent pas contact cutané ou par voie indirecte (linge, toilettes, piscines…), provoquant une infection de la peau (verrues). D’autres se transmettent sexuellement (contact peau à peau, peau à muqueuses), et développent des condylomes (vulve, vagin, pénis, scrotum…), encore appelés verrues génitales ou « crêtes de coq » (variétés  HPV6 et HPV11 principalement, très peu cancérogènes), ou des cancers (variétés HPV16 et HPV18 principalement).

Papillomavirus et cancer du col de l’utérus

Dans le monde, les HPV16 et HPV18 sont impliqués à eux deux dans près de 70% des cancers du col de l’utérus. D’autres facteurs peuvent favoriser ces cancers, comme le tabagisme ou une infection par le VIH. Toutefois, toutes les infections, généralement bénignes, ne conduisent pas au développement d’un cancer. Fréquentes en particulier chez les jeunes femmes sexuellement actives, elles régressent le plus souvent spontanément. Dans moins de 10% des cas, l’infection persiste cependant. Une partie évolue en lésion précancéreuse et en cancer déclaré. Une dizaine d’années peut s’écouler entre l’infection et l’apparition du cancer. D’après l’Institut National du Cancer, le taux de mortalité en France est de 1,8 pour 100 000 femmes.

Prévention et dépistage

La prévention contre les papillomavirus sexuellement transmissibles passe par la prévention des infections sexuellement transmissibles (usage du préservatif, examen du partenaire). Le dépistage s’effectue tous les trois ans par le frottis cervico-utérin chez un gynécologue, mais aussi chez un médecin généraliste ou une sage-femme. Celui-ci permet de diagnostiquer et de traiter des lésions pré-invasives ou des cancers à un stade précoce, compte tenu du temps très long entre la contamination et la possible apparition de lésions précancéreuses.

Il existe également deux vaccins en France contre les HPV16 et HPV18, qui sont controversés. Ils ne dispensent pas du frottis régulier à partir de 25 ans (ou 8 ans après le premier rapport sexuel), moyen de prévention très efficace qui a permis, depuis les années 1960, de faire reculer tant l’incidence que la mortalité du cancer du col de l’utérus. Ainsi, en France, il se situe au 11e rang des cancers féminins par sa fréquence, loin derrière les cancers du sein, du colon-rectum et des poumons.

Traitement

La plupart des contaminations se résorbent d’elles-mêmes. Les lésions précancéreuses sont traitées chirurgicalement, tandis que les cancers déclarés sont traités par chirurgie, radiothérapie et chimiothérapie.